Connexe. Les espaces postcommunistes en question(s) est une revue open access qui aborde des problématiques pluridisciplinaires liées aux pays postsoviétiques dans une optique qui allie le passé et le présent. La revue publie un volume par année et accueille différents types de publications : des dossiers thématiques, des articles varias, des recensions ainsi que des articles pour ses rubriques « Champ libre » et « Arrêt sur archives ».
Vol. 11 (2025): The Semirechye region, a transnational history: Knowledge, mobility and colonialism in Central Asia (1867-1917)
Ce dossier est consacré à la région historique du Semirechye, aujourd’hui partagée entre le Kazakhstan et le Kyrgyzstan. Les contributions apportent un éclairage nouveau sur plusieurs dynamiques qui ont imprégné l’histoire coloniale du Semirechye de 1867 à 1917. Les deux thèmes principaux sont, d’une part, la relation entre domination coloniale, modernisation et construction du savoir, et, d’autre part, la mobilité. Les auteurs et autrices montrent la diversité des acteurs en Asie centrale et les liens étroits entre les différents milieux sociaux actifs. L’élément transnational a été délibérément mis en avant, sans pour autant occulter les différences nationales ou ethniques existantes qui s’affirmeront progressivement sur le plan politique.
Le dossier s’ouvre avec deux articles consacrés à la représentation de l’Asie centrale dans les expositions russes et turkestanaises. La contribution de Xavier Hallez traite de la première exposition ethnographique russe à Moscou en 1867 et étudie les relations entre les élites centrasiatiques et l’administration tsariste régionale. Le second texte, de Askarbek Bedelbaev, Taalaikul Asanturova, Zamira Orozahunova et Manzura Satimkulova, prolonge la réflexion sur l’ensemble de la période coloniale, en mettant l’accent sur l’image des Kazakhs et Kyrgyz dans ces expositions et la représentation du potentiel économique du Semirechye. L’article suivant d’Aida Kubatova explore l’évolution des revendications politiques et nationales des Centrasiatiques en contexte colonial. Il décrit la constitution de réseaux et l’organisation de congrès et de réunions informelles entre 1905 et 1912 au Semirechye. La dernière contribution, de Svetlana Asanova, analyse la mobilité des Centrasiatiques – Kazakhs, Kyrgyz, Dungans et Uyghurs, entre les empires chinois et russe. L’accent est mis sur la gestion administrative et légale des mobilités de la Russie vers la Chine.
La section « Arrêt sur archives » contient deux textes. Dans le premier, Asel Daniyarova présente le destin d’un enseignant kazakh, Khafiz Sarsekeev, en explorant ses liens avec les cercles intellectuels kyrgyz, kazakhs et tatars des années 1910 à l’ère soviétique. Dans le second, Gulnaz Askarbek et Jeenbek Alymbaev présentent une étude des armoiries élaborées pour les villes du Semirechye, qui servaient à souligner l’intégration de la région dans l’Empire russe.
Ce numéro comporte également plusieurs textes hors-dossier, dont trois articles dans la section « Varia ». Pierre Despas analyse l’usage de l’Eurovision en tant qu’outil de diplomatie culturelle ukrainienne à partir de l’étude des représentations de 2024 d’alyona alyona et de Jerry Heil. Jules Sergei Fediunin présente ses travaux sur les ethno-nationalistes russes et leur insécurité ontologique concernant leur définition de la russité, changeante au gré de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Enfin, Coline Maestracci explore l’expérience des soldat.e.s du front ukrainien entre 2014 et 2022, leur confrontation à l’épreuve du feu et ses impacts sur leurs parcours militaires et personnels. Dans la section « Champ Libre », Georges Nivat se confronte dans son texte en partie autobiographique à la violence de l’histoire russe et à l’inouïe brutalité des conflits qui nous entourent, en quête des grand.e.s résistant.e.s de notre temps. Quant à Gaëlle Le Pavic, elle partage ses expériences de terrain de recherche (Abkhazie, Transnistrie et Géorgie) afin d’élaborer une réflexion plus générale sur les enjeux méthodologiques qui en découlent.
Pour terminer, quatre recensions viennent clore ce onzième numéro de la revue Connexe.

