Crainte du complot communiste et surveillance des militants français migrant au Maroc à la fin de la guerre du Rif

Auteurs

  • Stève Bessac-Vaure Université de Nouvelle-Calédonie, Chercheur associé au Centre d’Histoire « Espaces et Cultures » (UPR 1001) de l’Université Clermont Auvergne

DOI :

https://doi.org/10.51185/journals/rhca.2026.1005

Mots-clés :

empire chérifien, Maghreb, protectorat, empire français, communisme, migration, militant, guerre du Rif

Résumé

Au moment de la guerre du Rif, la presse tant métropolitaine que coloniale dénonce avec véhémence un prétendu complot bolchévico-rifain. En France, l’opposition au conflit émane essentiellement du Parti communiste et des organisations qui gravitent autour de lui. Au Maroc, les autorités coloniales françaises perçoivent le communisme comme une idéologie étrangère et subversive, justifiant une surveillance constante des individus considérés comme suspects. Cet article analyse ainsi les difficultés rencontrées par les militants communistes pour structurer une organisation avant la seconde moitié des années 1930. Retraçant les trajectoires de militants ayant migré au Maroc, cet article explique pourquoi ces derniers ne retrouvent pas, de l’autre côté de la Méditerranée, le même environnement sociopolitique dans lequel s’inscrivait leur engagement antérieur et pourquoi leur migration se traduit souvent par une forme de rupture avec leur trajectoire militante.

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Publiée

02-03-2026

Comment citer

Bessac-Vaure, Stève. 2026. « Crainte Du Complot Communiste Et Surveillance Des Militants français Migrant Au Maroc à La Fin De La Guerre Du Rif ». Revue d’histoire Contemporaine De l’Afrique, nᵒ 10 (mars):79-91. https://doi.org/10.51185/journals/rhca.2026.1005.