Appel à contributions Numéro 6 "Les compétences du XXIᵉ siècle : définitions, enseignement et apprentissages"
"Les compétences du XXIᵉ siècle : définitions, enseignement et apprentissages."
Ayant émergé dans les années 1990, le concept de « compétences du XXIᵉ siècle » renvoie à un ensemble de compétences considérées comme nécessaires pour faire face aux transformations technologiques, sociales, environnementales et économiques contemporaines (Breslow, 2015 ; Lamri et al., 2022). Dans le champ des sciences de l’éducation, elles renvoient le plus souvent à des compétences dites transversales et transférables parmi lesquelles figurent des compétences personnelles comme l’autonomie, la créativité ou encore la pensée critique ; des compétences sociales telles que la collaboration ou l’auto-motivation ; la gestion de l’information et des connaissances, à travers notamment l’auto-évaluation ou le management des informations ; et la littératie numérique en comprenant par exemple la pensée informatique ou comprendre et savoir utiliser les intelligences artificielles (Chalkiadaki, 2018 ; Trilling & Fadel, 2009).
Initialement associées aux exigences d’adaptabilité du monde du travail, ces compétences sont désormais présentées comme essentielles non seulement à l’employabilité, mais également à la formation citoyenne, intégrant des dimensions civiques, éthiques et environnementales (Para et al., 2020 ; Tight, 2021).
Depuis le début des années 2000, ces compétences se sont progressivement imposées dans les réformes curriculaires et les plans d’études, où elles sont jugées de plus en plus centrales (Voogt & Roblin, 2012). Les curricula articulent désormais, aux côtés des savoirs disciplinaires, des compétences transversales censées soutenir l’ensemble des apprentissages. Toutefois, cette reconnaissance formelle contraste parfois avec leur place effective dans les dispositifs d’évaluation et d’orientation, où les compétences disciplinaires continuent souvent de structurer les trajectoires scolaires (Starck & Boancă, 2019)..
La prise en compte croissante des compétences du XXIᵉ siècle contribue ainsi à reconfigurer le système éducatif. Elle interroge les missions assignées à l’école, la définition des savoirs légitimes et l’équilibre entre formation académique, préparation professionnelle, socialisation démocratique et développement du bien-être. Cette évolution soulève un ensemble de questions.
D’abord, des questions relatives à leur définition : l’hétérogénéité des cadres de référence proposés par les organisations internationales, les autorités éducatives ou les milieux scientifiques (Chalkiadaki, 2018 ; Joynes et al., 2019) entretient une confusion terminologique et théorique (Voogt & Roblin, 2010). Leur caractère réellement nouveau, leur statut et leurs finalités éducatives demeurent discutés (Foster & Piacentini, 2023 ; Mor, 2025).
Ensuite, des questions relatives à leur intégration dans les pratiques pédagogiques. L’intégration des compétences du XXIᵉ siècle dans les systèmes éducatifs semble appeler à une transformation des pratiques pédagogiques et du travail enseignant (de Champlain, 2022). Leur transmission suppose souvent le recours à des démarches pédagogiques spécifiques — travail collaboratif, pédagogies par projet, approches interdisciplinaires — encadrées par des prescriptions larges et encore peu stabilisées. Cette situation peut générer des tensions professionnelles, notamment en matière d’évaluation et d’articulation avec les exigences disciplinaires.
Enfin, des questions relatives à leurs effets sur les apprentissages persistent. Si ces compétences sont présentées comme des réponses aux défis contemporains (Rieckmann, 2017 ; Wiek et al., 2011), les connaissances empiriques concernant les conditions de leur développement et leurs effets sur les parcours des élèves demeurent limitées (van Laar et al., 2020). Leur mise en oeuvre interroge ainsi les modalités d’appropriation par les apprenant·es et les inégalités susceptibles d’en découler.
Ce sixième numéro de la Revue pluridisciplinaire de l’Éducation par et pour les Doctorant·es (RED) propose d’étudier la place des compétences du XXIᵉ siècle dans les systèmes éducatifs contemporains. Il vise à questionner les cadres de définition de ces compétences, leurs modalités d’enseignement ainsi que les conditions et les effets de leur appropriation par les apprenant·es. Les contributrices et contributeurs sont ainsi invité·es à explorer ces enjeux à partir de perspectives théoriques, méthodologiques et disciplinaires diverses.
L’appel à communications s’organise autour de trois axes principaux.
Axe 1 — Définir les compétences du XXIᵉ siècle : cadres, acteur·rices et finalités
Ce premier axe tend à analyser les processus de construction et de légitimation des compétences du XXIe siècle, ainsi que les acteur·rices qui participent à leur mise en avant.
Les contributions interrogeront les rôles respectifs des organisations internationales, des politiques éducatives nationales, des acteur·rices économiques ou des communautés scientifiques par exemple dans l’élaboration et la diffusion des référentiels de compétences. Elles pourront également questionner les finalités assignées à ces compétences et les tensions qu’elles révèlent entre logiques d’employabilité, d’adaptation économique (Voogt & Roblin, 2012) et missions émancipatrices traditionnellement assignées à l’éducation.
Axe 2 — Enseigner les compétences du XXIᵉ siècle : entre prescriptions et pratiques
Cet axe s'intéresse aux prescriptions et aux pratiques d'enseignement des compétences du XXIe siècle. Les contributions traiteront des modalités concrètes d'enseignement de ces compétences de l'école primaire à l'enseignement supérieur (par ex., les formes pédagogiques associées : pédagogies actives, interdisciplinarité, apprentissage par projets, usage du numérique, évaluations alternatives, pédagogies coopératives) mais aussi la manière dont elles s'inscrivent dans les plans d'étude, curricula ou référentiels de formation. Cet axe invite à interroger les méthodes d’enseignement, les enjeux de l’évaluation de ces compétences, parfois questionnées par la recherche (voir à ce sujet la revue de littérature de Chalkiadaki, 2018), ainsi qu’à adresser la question de la formation des enseignant·es et formateur·rices face à ces nouvelles attentes. Les décalages et les tensions entre prescriptions institutionnelles et pratiques professionnelles effectives constituent également un angle d’analyse central de cet axe.
Axe 3 —Développer les compétences du XXIᵉ siècle : expériences, effets et inégalités
Ce troisième axe s’intéresse aux apprenant·es et s’articule autour des expériences d’apprentissage, des inégalités et des effets de l’acquisition des compétences du XXIᵉ siècle. Comment se développent-elles concrètement dans les parcours scolaires et extrascolaires, et dans quels contextes éducatifs sont-elles le plus fortement valorisées ? Quel(s) impact(s) ces compétences ont-elles sur les trajectoires scolaires, sociales et professionnelles des apprenant·es ?
Les contributions pourront aussi traiter des questions de justice quant à l'acquisition de ces compétences. Tous les publics disposent-ils des mêmes ressources sociales, scolaires et culturelles pour les développer ? Dans quelle mesure l’attention croissante portée aux compétences du XXIᵉ siècle contribue-t-elle à réduire, maintenir ou renforcer les inégalités éducatives ?
Modalités de soumission.
Les contributions finales pourront être rédigées en français ou en anglais. La revue accepte des articles empiriques (recherches qualitatives et quantitatives) et théoriques issus d’une recherche exploratoire (type travail de Master) ou de la recherche doctorale de l’auteur·rice, qui répondent à la thématique. L’auteur ou l’autrice principal·e doit être doctorant·e ou post-doctorant·e.
Le comité éditorial invite également à se référer aux informations pour les autrices et auteurs sur le site internet de RED. Il s’agit notamment de respecter les normes de la revue en matière de langage inclusif et de prendre connaissance du positionnement de la revue quant à l’utilisation d’outils d’intelligence artificielle générative dans la rédaction d’articles.
Les contributions seront sélectionnées par le comité éditorial sur la base d’une note d’intention comprenant les éléments suivants :
• Axe(s) thématique(s)
• Titre
• Résumé de la contribution proposée (450-550 mots)
• 3 à 5 mots-clés
• Pour chaque autrice et auteur : nom·s et prénom·s, statut, affiliation institutionnelle, adresse électronique
• Discipline(s)
• Choix du mode d’évaluation (en double aveugle ou ouverte et collaborative)
La note d’intention est à envoyer d’ici au 28 juin 2026 par mail aux responsables de ce numéro :
- Manon Tallant : Manon.Tallant@unige.ch
- Camil Schneider: Camil.Schneider@unige.ch
Les notes d’intention seront évaluées par le comité éditorial de RED et une décision d’acceptation ou de rejet sera communiquée à partir du 25 septembre 2026.
Processus d’évaluation.
Les autrices et auteurs des articles sélectionnés devront soumettre leur contribution pour le 17 février 2027 (30’000 caractères, espaces compris incluant les tableaux et figures, hors page de garde et références bibliographiques) afin qu’elles soient transmises à deux chercheur·euses expertes. Au moment de soumettre leur note d’intention en juin 2026, les autrices et auteurs auront préalablement précisé le mode d’évaluation choisi entre le processus standard en double aveugle ou le processus d’évaluation ouverte et collaborative entre pairs.
Après avoir pris en compte des commentaires et corrections de l'expertise, les articles seront publiés en ligne en décembre 2027. RED est une revue numérique en Open Access.
Des informations supplémentaires à propos de RED, de la procédure de soumission et des processus d’évaluation sont accessibles à l’adresse : https://oap.unige.ch/journals/red/. Les responsables de ce numéro peuvent également être contacté·es par mail.
Calendrier.
28 juin 2026 : soumission de la note d'intention
25 septembre 2026 : décision sur la note d'intention
17 février 2027 : réception de l'article
Dès le 17 février 2027 : envoi de l'article par le comité éditorial aux personnes chargées de l'évaluation
19 avril 2027 : envoi de l'article expertisé aux autrices et auteurs
29 juin 2027 : retour de l'article finalisé au comité éditorial
Décembre 2027 : publication du numéro

