Revue d'histoire contemporaine de l'Afrique https://oap.unige.ch/journals/rhca <p><strong><em>Revue d'Histoire Contemporaine de l'Afrique</em> (<em>RHCA</em>)</strong> est une revue d'histoire contemporaine francophone avec comité de rédaction international qui s'intéresse à l'histoire contemporaine du continent africain (XIXème - XXIème siècle). Entièrement en <em>open access</em>, elle publie des numéros thématiques (2 par an) ainsi que des articles varias, des comptes-rendus de lecture, des entretiens et une rubrique "sources, terrains &amp; contextes". <em>RHCA</em>, se veut être un lieu à la fois de publication d’articles en français mais aussi de rencontres et d’échanges pour les historien·ne·s de l’Afrique, qu’ils et elles soient basé·e·s en Europe, en Amérique du Nord et sur le continent africain.</p> <p> </p> <p>Revue soutenue en 2022 par <strong><a href="https://www.unige.ch/rectorat/maison-histoire/" target="_blank" rel="noopener"><img src="https://oap.unige.ch/journals/public/site/images/admin/maison-histoire.png" alt="" width="200" height="86" /></a></strong></p> Bibliothèque de l'Université de Genève fr-FR Revue d'histoire contemporaine de l'Afrique 2673-7604 Collaborer avec ses rivaux https://oap.unige.ch/journals/rhca/article/view/03froment <p>En 1889, l’explorateur allemand Hans Meyer est le premier Européen à atteindre le sommet du Kilimandjaro. Depuis la fin du xviiie siècle, chaque première ascension de sommet est présentée comme une « conquête » et l’alpinisme devient un vecteur de nationalisme. Or, le Kilimandjaro est considéré comme le toit de l’Afrique, et les empires allemand, britannique et zanzibarite sont alors en concurrence en Afrique de l’Est. Aussi, à son retour, Meyer ne manque pas de souligner la portée politique de son exploit : il vient de faire du Kilimandjaro une montagne allemande. Pourtant, diverses sources montrent que Meyer a bénéficié d’un remarquable soutien logistique de la part du sultanat de Zanzibar et des Britanniques. En questionnant ces coopérations transimpériales, cet article entend montrer qu’en dépit d’un contexte de fortes rivalités, la conquête du Kilimandjaro n’est pas encore, à la fin des années 1880, vue comme un enjeu de puissance impériale, mais surtout comme une manifestation de la maîtrise occidentale de la nature.</p> Delphine Froment (c) Tous droits réservés Delphine Froment 2022 https://creativecommons.org/licenses/by-nc/4.0 2022-04-14 2022-04-14 3 19 34 10.51185/journals/rhca.2022.0302 Recherche et développement dans les colonies portugaises d’Afrique https://oap.unige.ch/journals/rhca/article/view/03castelo <p>Cet article analyse l’impact de la collaboration entre les puissances coloniales présentes en Afrique australe sur le champ scientifique portugais. Selon nous, depuis 1950, la participation portugaise à la Commission de coopération technique en Afrique au sud du Sahara (CCTA) et à son organe consultatif, le Conseil scientifique africain (CSA), a été décisive dans l’évolution de la politique scientifique pour les colonies portugaises. D’une part, cette participation a conduit à la création de plusieurs organismes de recherche et à la formation de spécialistes, d’autre part, elle accélère l’institutionnalisation des instituts de recherche scientifique en Angola et au Mozambique et, enfin, elle ouvre de nouvelles opportunités d’emploi aux scientifiques et techniciens de la métropole et des territoires coloniaux. La coopération transimpériale fut, dans le cas portugais, un mécanisme pour induire rapidement l’expansion et le renforcement de la communauté scientifique nationale, confrontée à ses propres faiblesses et contraintes, avec des effets au-delà du départ du Portugal de la CCTA en 1962</p> Claudia Castelo (c) Tous droits réservés Claudia Castelo 2022 https://creativecommons.org/licenses/by-nc/4.0 2022-04-14 2022-04-14 3 35 48 10.51185/journals/rhca.2022.0303 Une histoire transimpériale de l’Afrique https://oap.unige.ch/journals/rhca/article/view/03fmatascijeronimo <p><em>Organisé en deux volets (no 3 et no 3 bis), ce numéro de la Revue d’Histoire Contemporaine de l’Afrique explore les coopérations et les circulations qui se sont déployées entre et par-delà les empires coloniaux de la fin du xixe siècle aux années 19601. En mettant en perspective des recherches portant sur des thématiques et des espaces géographiques variés, il souhaite, plus précisément, dessiner les contours d’une histoire transimpériale de l’Afrique. Dans ce texte introductif, nous proposons d’abord de revenir sur la généalogie de cette notion et ses enjeux historiographiques. Il s’agit ensuite d’interroger, en s’appuyant sur des terrains empiriques multiples, l’intérêt heuristique d’une telle approche pour éclairer sous un angle original l’histoire du continent. Enfin, nous discutons les problèmes et les défis soulevés par cette démarche, tout en présentant les nouvelles perspectives de recherche que les articles réunis ici permettent d’aborder</em>...<a href="https://oap.unige.ch/journals/%20rhca/article/view/03fmatascijeronimo"><strong>Lire la suite</strong></a></p> Damiano Matasci Miguel Bandeira Jerónimo (c) Tous droits réservés Damiano Matasci, Miguel Bandeira Jerónimo 2022 https://creativecommons.org/licenses/by-nc/4.0 2022-04-14 2022-04-14 3 1 17 10.51185/journals/rhca.2022.0301 Les réseaux politiques en Afrique du Nord https://oap.unige.ch/journals/rhca/article/view/03murray <p>Au début du xxe siècle, les communautés musulmanes d’Afrique du Nord ont réagi à l’expansion impériale européenne de diverses manières. Comme le démontre cet article, la période entre l’invasion du Maroc (1907) et la guerre italo-turque (1911-1912) a vu une montée de nouveaux réseaux politiques et paramilitaires traversant les frontières impériales. Ces réseaux, créés à partir de relations religieuses et intellectuelles préexistantes en Afrique et en Asie, ont créé un espace alternatif pour l’activisme politique et mobilisé les populations à travers le monde musulman. En se penchant sur les histoires interconnectées des empires nord-africains, cet article adopte une approche transrégionale qui montre comment les réflexions nées du « tournant transnational » de la recherche historique peuvent ouvrir de nouvelles perspectives sur les processus d’échanges et d’interaction entre les empires.</p> Gavin Murray-Miller (c) Tous droits réservés Gavin Murray-Miller 2022 https://creativecommons.org/licenses/by-nc/4.0 2022-04-14 2022-04-14 3 49 60 10.51185/journals/rhca.2022.0304 La cause des indigènes https://oap.unige.ch/journals/rhca/article/view/03sibeud <p>Érigée en rhétorique officielle à la fin du xixe siècle, la protection des sujets dits indigènes redevient une cause à investir autour de la Première Guerre mondiale. Les deux associations qui aspirent à patronner cette réforme, l’Anti-Slavery &amp; Aborigines’ Protection Society en Grande Bretagne et la Ligue des droits de l’homme en France, nouent dans les années 1910 des liens privilégiés avec une fraction des élites ouest-africaines qui fondent des sociétés auxiliaires ou des sections locales chargées de transmettre les plaintes des colonisés. Cet article propose de partir de ces échanges pour étudier ensemble protecteurs et protégés ouest-africains, dans une reconfiguration brève (des années 1910 au milieu des années 1920), mais assez indécise pour offrir de multiples opportunités aux uns et aux autres. Il s’agit d’aller ainsi au-delà d’une histoire souvent réduite aux protecteurs et d’examiner comment ces transactions participent à la production du nouvel ordre international et impérial à la sortie de la Première Guerre mondiale.</p> Emmanuelle Sibeud (c) Tous droits réservés Emmanuelle Sibeud 2022 https://creativecommons.org/licenses/by-nc/4.0 2022-04-14 2022-04-14 3 61 74 10.51185/journals/rhca.2022.0305 Comment on devient un “vieux maître” ivoirien (années 1930-1970) https://oap.unige.ch/journals/rhca/article/view/03kone <p>Cet article fait une plongée dans le parcours d’un « vieux maître de brousse » ivoirien presque anonyme, depuis sa formation jusqu’à sa retraite, des années 1930 à 1970, à la charnière entre situations coloniale et postcoloniale. Koutia Lémon, formé à l’école normale rurale de Dabou, est initialement destiné à être un « instituteur-paysan ». D’affectations successives en formations continues, sa carrière l’amène à circuler au sein de l’espace colonial, puis du territoire national en construction, et même, fait rare, jusqu’en France pour un stage professionnel à la veille de l’indépendance. Il est affecté, dès son retour au pays, à des postes à responsabilités au sein de l’administration scolaire postcoloniale. En quoi les mobilités sont-elles inhérentes au parcours d’un « vieux maître » ivoirien ? Qu’est-ce qui, dans l’itinérance professionnelle et dans l’entrelacs des « communautés imaginées » (empire, colonie, État postcolonial, village), participe à construire l’éthos du fonctionnaire colonial et postcolonial ? Comment se passe le glissement de méthodes pédagogiques et de savoirfaire professionnels développés en situation coloniale puis réemployés au service de l’État indépendant ? Pour répondre à ces questions, l’enquête met en place une microhistoire connectée d’instituteur. L’article permet de dégager la catégorie conceptuelle de « vieux maître ivoirien », à partir d’une expression courante, mais aux contours flous. Il met également au jour des mobilités et des filières de formation professionnelle méconnues, car subalternes, spécifiquement rurales et moins prestigieuses que les écoles normales de William-Ponty et Rufisque, déjà connues de l’historiographie.</p> Jean-Lémon Koné (c) Tous droits réservés Jean-Lémon Koné 2022 https://creativecommons.org/licenses/by-nc/4.0 2022-04-14 2022-04-14 3 75 92 10.51185/journals/rhca.2022.0306